Periscope : réponses et compléments

A la suite de notre tribune (avec Camille Buquet) sur Periscope (http://www.snes.edu/Periscope.html) pour le site de notre syndicat, le SNES, j’ai été contacté par un journaliste du Huffington Post pour un article qui est paru ici le 18 juin ici : http://www.huffingtonpost.fr/2016/06/15/periscope-lycees-bac-2016-college-internet-smartphone_n_10458424.html.

Voici quelques réponses et compléments au contenu de l’article :

  • Sur les motivations à l’usage de périscope par les élèves : si le journaliste avait en effet évoqué dans notre interview téléphonique le fait qu’il avait interrogé l’  « UNSA » et que l’  « UNSA » lui avait  évoqué le seul ennui comme cause des utilisations déviantes de Periscope en classe, je reste surpris par le contenu de l’article qui n’évoque que cette seule motivation, qui bien qu’on ne puisse totalement l’écarter en effet, ne me semble pas prépondérante dans les utilisations  de Periscope en classe (ce que j’avais dit au journaliste mais qui n’apparait pas) . En effet ce serait réducteur de n’évoquer que l’ennui alors que les motivations me semblent éminemment poly-factorielles : internes… liées à la psychologie de l’adolescent,  à un besoin de dépassement des règles et limites : besoin de « défis » … mais aussi externes liées au poids de l’image dans notre société, aux exemples donnés par les Youtubers, nouvelles stars de beaucoup d’ados… Il est fort dommage que le journaliste n’ait retenu qu’une thèse, la thèse de l’ennui soutenue par une représentante d’une organisation syndicale (l’UNSA Education) dont on voit clairement qu’il s’agit davantage d’un positionnement idéologique au vu du reste de l’article que d’une réelle réflexion sur la question.
  • Sur les usages de périscope et le droit : on peut imaginer que l’outil puisse avoir en effet des applications pédagogiques en classe dans le cadre d’un usage par les élèves autorisé par l’enseignant EN LYCEE (illégal et proscrit à l’école et en collège du fait de l’usage d’une communication par 4G/3G/EDGE/Wifi/BT etc… par l’article L. 511-5 du CE, rappelé par le plus récent référentiel Wifi de 2015 et la jurisprudence). Pour l’école et le collège, la seule utilisation possible est par l’enseignant avec toutes les précautions d’usage liées au fait de filmer des élèves (http://eduscol.education.fr/internet-responsable/ressources/legamedia/image-et-video.html). La problématique « Periscope » concerne donc essentiellement le lycée dans son utilisation  en classe. Dans ce cadre, je pense qu’il est dangereux, comme le font les deux représentants de l’UNSA cités dans l’article, de minimiser les usages déviants qui sont/pourraient être faits de l’outil hors application pédagogique qui, par la diffusion dans le monde entier en temps réel, peut rapidement dépasser le cadre d’une blague « potache ». Ces usages déviants, même si ils sont sans doute minoritaires aujourd’hui, pourraient devenir plus problématiques  à l’avenir si on venait à encourager le développement de cet outil dans le champ scolaire en lycée, notamment du fait de la montée en force de pratiques type BYOD (Bring  Your Own Device : http://www.cndp.fr/agence-usages-tice/que-dit-la-recherche/le-byod-pour-quel-projet-pedagogique-78.htm) : multiplication des terminaux disponibles, émulation à se lancer encore plus de « défis »… A minima les utilisations et les dérives possibles de l’outil doivent être évaluées et il convient de ne pas tomber dans des effets de mode en intégrant n’importe quelle technologie dans le champ scolaire.

Si on peut considérer l’outil Periscope en lui-même comme un effet de mode qui n’affectera sans doute pas plusieurs rentrées, il doit amener la communauté éducative à s’interroger sur ces nouveaux moyens de communication. A ce titre, je suis surpris que nulle part n’apparaisse dans l’article une référence à l’Éducation aux Médias et à l’Information à destination des élèves (voir à ce propos : http://www.snes.edu/Education-aux-Medias-et-a-l-Information-EMI.html) bien qu’on puisse souligner l’investissement de nombreux collègues pour sensibiliser les élèves à ces questions, notamment nos collègues professeurs documentalistes.

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