Repenser l’enseignement des sciences expérimentales au lycée

Depuis la réforme Châtel, et même avant, les sciences expérimentales (et on peut inclure dans ce champ toutes les disciplines : S.V.T., Sciences Physiques et Chimiques, Biochimie Génie Biologique,etc… Qui relèvent de référents expérimentaux et de démarches expérimentales) ont été mises à mal par deux phénomènes aux effets contrastés (et contraires) : la réduction des horaires disciplinaires (ou parfois le morcellement, comme par la mise en place des enseignements d’exploration) et une stabilité (parfois une augmentation) des contenus d’enseignement. Si l’on fait aussi le constat d’une filière S qui est considérée comme pas assez « scientifique » et de filières technologiques scientifiques à valoriser (notamment ST2S) et devant présenter un caractère scientifique affirmé, il est alors permis d’esquisser les contours de ce que pourrait être un véritable changement en profondeur de l’enseignement des sciences expérimentales au lycée.

En premier lieu, repenser cet enseignement au sein de la première année du lycée (l’actuelle Seconde) au sein d’une année qui devrait permettre à des élèves possédant tous un bagage scientifique (celui du socle) de s’interroger réellement sur ce qu’est la science expérimentale, la méthode scientifique, et ce, au-delà des connaissances, capacités et attitudes qu’ils auront acquis au collège et à travers l’ensemble du champ disciplinaire défini précédemment. Cet enseignement devrait aussi intégrer des notions d’épistémologie et d’histoire des sciences.

Est-il besoin dans ce cadre d’avoir un enseignement disciplinaire différencié lors de cette première année du lycée? Ne pourrait-on pas considérer q’un enseignement de sciences expérimentales commun, pluridisciplinaire (fusion des enseignements scientifiques de l’actuelle classe de Seconde et des enseignements d’exploration) avec un horaire réduit suffirait ? La difficulté reposerait bien entendu dans la définition des contenus, qui devraient, au-delà de luttes intestines stériles sur le poids de chaque disciplines, amener l’élève à s’interroger sur ce qu’est réellement la science à partir d’objets d’études variés. La finalité de cet enseignement serait de permettre un choix raisonné vers une(des) filière(s) dans laquelle(lesquelles) les disciplines scientifiques verraient leur importance renforcée.

Ceci amènerait naturellement à ce que la réduction horaire concédée lors de cette première classe du lycée et reportée sur d’autres disciplines, soit en retour rendue sur les deux années suivantes afin de renforcer les horaires des disciplines scientifiques (et/ou permettre des dédoublements plus fréquents) pour des élèves qui voudraient, dans leur projet d’orientation, se diriger vers des études à caractère scientifique (il paraît en effet difficile, en l’état actuel, d’ajouter davantage d’heures aux emplois du temps des élèves).

Pour les élèves qui ne se destineraient pas à des poursuites d’études scientifiques, il apparaît aussi nécessaire de conserver un enseignement de Sciences, plus articulé avec les sciences humaines, afin que ces élèves puissent posséder les bases nécessaires à la compréhension des grands enjeux de société impliquant des sujets scientifiques.