Les neurosciences c’est quoi au fond ? Neurosciences, sciences cognitives et autres…

Deuxième billet d’humeur d’une série sur les neurosciences, la nouvelle justification à la mode de toute innovation pédagogique… Mais au fond que recouvre ce terme ?

Comme la plupart de mes élèves procéderaient, histoire de me mettre à jour, j’ai utilisé Wikipedia.. Et j’avoue que la page consacrée aux neurosciences (https://fr.wikipedia.org/wiki/Neurosciences) est pleine d’infos intéressantes. Comme on pouvait s’en douter, les neurosciences sont en fait un champ disciplinaire qui interroge de nombreuses disciplines :

  • Des sciences biologiques (neurobiologie et neurobiologie moléculaire, neurodéveloppement, neuroanatomie,…)
  • Des sciences cognitives (neurosciences affectives, comportementales, sociales ; neurolinguistique,…)
  • Des sciences médicales (neurologie, psychiatrie…)
  • Ingénierie et technologie (neuri-ingénierie, imagerie structurale et fonctionnelle)
  • Des « disciplines récentes » : philosophie des neurosciences et neurosciences computationnelles…

Et on peut d’ailleurs se demander si la liste est exhaustive… Bref quand on parle de.. ou on se réfère aux neurosciences, on inclut dans son raisonnement un champ de disciplines très large. Et malgré le fait que toutes soient des « sciences », il est bien évident que les pratiques et méthodes de ces différentes disciplines ne sont pas identiques et qu’une même problématique sera vue sous plusieurs angles par celles-ci sans aboutir forcément aux mêmes conclusions… (voir mon billet précédent).

On pourrait penser que c’est peut être cette densité à l’intérieur du champ disciplinaire des neurosciences qui amène certains politiques ou autres spécialistes de l’éducation à se référer plutôt aux Sciences cognitives… (Wikipedia bis … https://fr.wikipedia.org/wiki/Sciences_cognitives) … Et là… patatra… On se retrouve avec 6 disciplines/champ disciplinaire (dont les neurosciences ( !!! )) à savoir philosophie, linguistique, anthropologie, psychologie, intelligence artificielle et donc neurosciences… Si j’étais mal intentionné… Ceux qui se réfèrent aux sciences cognitives plutôt qu’aux neurosciences ne voudraient-ils pas encore plus diluer leurs justifications dans un océan théorique ?… Mais bon sans doute veulent-ils peut-être seulement souligner le fait que le champ disciplinaire qui concerne le sujet de la pensée humaine est immensément vaste et complexe et que tirer des conclusions trop hâtives des recherches menées sur le sujet peut conduire à des faux-sens voire à des non-sens… Non ?

Enfin il reste une discipline, pas abordée jusqu’ici mais qui fait partie à la fois des neurosciences et donc des sciences cognitives et à laquelle il est souvent fait référence, qui est la psychologie cognitive. Elle mérite qu’on s’y attarde car il existe une réelle école française de psychologie cognitive expérimentale, actuellement en voie d’extinction (cf. Régine Plas (https://www.cairn.info/revue-histoire-des-sciences-humaines-2011-2-page-125.htm)). En effet, la psychologie cognitive et les recherches comportementales disparaissent au profit des neurosciences et principalement des techniques de neuroimagerie. Est-ce bien, est-ce mal ? Je ne suis pas en mesure de juger… Mais les problèmes liés à l’interprétation des IRM fonctionnels (http://m.pnas.org/content/113/28/7900.abstract, merci JD) devraient nous inciter à la plus grande prudence et à considérer que c’est le recoupement de différentes approches méthodologiques qui permettra de tirer des conclusions acceptées par la communauté scientifique et qu’on pourra ensuite transposer dans d’autres environnements (une salle de classe par exemple ?).

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